Brûlée vive au bûcher de l'école
Où violence, haine et hostilité
Règnent en maître absolu
Je m'en vais mourir
Dans l'anonymat le plus pur
Au calvaire des jours sauvages.
J'avais un coeur, on l.a meurtri
Paroles grossières, flèches acérées
Visant à crever toute stabilité.
J'avais une âme, on l'a méprisée
Rires frustes, glaive incisif
Blessant cruellement mes
espoirs
Mes idéaux et tous mes rêves.
Je n'ai plus de pouvoir, la reine se meurt
Et je crie et je pleure
Je porte en moi un flambeau éteint
"Ma chandelle est morte
Je n'ai plus de feu."
Ouvrez, ouvrez-moi la porte
Je veux m'envoler vers des cieux
Auréolés de paix, de quiétude.
Adieu violence, adieu haine, adieu hostilité
La guerre est finie
Les armes je dépose.
Donnez-moi la main
Et ne pleurez pas
Car la vie commence
Ma vie commencera
Quand je fermerai la porte
Tournerai le dos
À jamais de ce lieu
Où j'ai perdu mon âme pure d'antan.
J'ai un petit-fils qui fait toute ma joie
J'ai un petit-fils qui met mon coeur en émoi
Il est tendre, aimable et câlin
En son âme, rien n'est malin.
Je l'aime comme on aime le printemps
Frais dans son habit aux frêles fleurs
Il me parle, me sourit gentiment.
Au cadran des jours s'écoulent des heures
Joyeuses, remplie de fraîche gaieté
Car la vie est si bonne de me le prêter.
Froide, immobile et grise dans ce champ
fleuri
Une marguerite s'offrait magnifique aux rayons
impudiques.
Ses cheveux au x vents, herbes frétillantes
rousses
Dans les clairs matins recouvraient ses pieds de
mousse.
Le pissenlit, à son regard, cherchait en vain
Le pétale d'une autre soeur, frêle main.
Elle vit, oh! geste sublime l'humble marguerite
Ouvrir son fruit dans l'entraille de son pur calice.
Les lettres gravées du sang de ses meurtrissures
Un après-midi se détachèrent de son vêtement usé
Comme le grain tombant un à un de l'épi mûr
Elles glissèrent tout doucement sur son ventre affamé.
La pluie, fines gouttelettes sur son corps de marbre
Roulait sur ses seins, ses hanches, ses chevilles
Dans la nuit fantôme à la cime des arbres
Elle lança un cri: "De la vie, je suis fille!"
Cette pierre tombale, cette singulière marguerite
Fruit amer jamais en saison récoltée
N'est nulle autre que mon âme déchiquetée
Par les dents de ces chacals au mortel rite
Si de la nuit noire naît la nubile aurore
La vie dans les sentiers mouvants de mon coeur
Se fraiera un chemin laissant le mauvais sort
Mourir dans le limon de mes anciennes peurs.
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