Je me souviens de ce jardin où mille fleurs De leur arôme nourrissait mes rêves secrets Et grisée par cette infinie langueur Du temps de mon enfance batifoleuse Dans les airs , doucement, je m'envolais.
Portée par les effluves subtiles, dévoreuses De lilas, de jacinthes, de roses et de muguet Heureuse, dans la brise, je me berçais.
Je me souviens de ce jardin aux mille fleurs Ensemencées, bénies par ma mère dont l'amour Incommensurable pansait mes peines et mes pleurs.
Je me souviens avec tristesse de cet éden, Bonheur d'été, bonheur éphémère d'un jour Où, seule, je vivais en pure magicienne Dans ce beau jardin, dans l'arrière-cour De mes rêves, mille rêves trop courts!