Je les regarde et doucement les admire Dans leurs yeux si tristes les ans défilent. Mon âme emportée par la rêverie s'attendrit Quand de leur bouche amincie, elles me sourient.
La pureté de leur coeur embellit mes idéaux, Pour des heures, le chagrin, hideux masque gris, Me quitte pour me donner sans honneurs faux Le plaisir singulier de voir s'envoler mes ennuis
Leurs voix ont le timbre voilé de ma chère mère De celle qui hélas m'a quittée il y a longtemps Et dont le souvenir flotte , éthéré dans les airs Me rappelant sans cesse la bonté d'une maman.
Si leur dos un peu arqué marque un âge avancé Ces vieilles dames dont le cadran a déjà sonné Marchent, petits pas élégants ,dans l'antichambre De la mort et moi, comme elles, j'exhale l'ambre.